« Nous avons été incompris à un certain moment de la transition », lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba

L’ancien président de la transition et chef de l’Etat burkinabè le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a accordé, le 24 février dernier, une interview au journaliste Alain Foka, sur Radio France Internationale (RFI). Dans les échanges, l’ancien président du Burkina Faso est revenu sur sa vision de la gouvernance et s’est aussi prononcé sur les accusations de détournement de deniers publics.

« Je pense que le facteur qui nous a poussé à agir, c’est au niveau de la nomination de certains responsables qu’on connaissait alors qu’on savait qu’ils ne pouvaient pas donner une certaine dynamique à l’engagement opérationnel des forces (…) », a laissé entendre Paul-Henri Sandaogo Damiba, pour justifier le coup d’Etat. Il a également ajouté que leur coup de force n’a jamais reçu le soutien d’aucune autre force étrangère et ni une puissance politique (faisant allusion à la France).

Il a, sans s’en gargariser outre mesure, apprécié positivement sa gouvernance. « En termes de gouvernance, je peux dire, sans essayer de me vanter, qu’il y a rare de systèmes politiques qui ont été aussi transparents que le système que nous avons conduit », a indiqué P.-H. S. Damiba.

Sur la question de son enrichissement personnel qui défraient la chronique dans certains milieux, il a dit avoir l’esprit tranquille et être même prêt à répondre devant les juridictions compétentes. « Si j’ai pris un franc de l’Etat pour m’enrichir personnellement, je suis prêt à répondre devant les juridictions ». Et d’ajouter que ce sont « des trucs montés pour discréditer et pour salir ma personne. Moi, je suis en paix avec ma conscience et l’avenir nous dira qui a raison et qui n’a pas raison », a-t-il souligné.

L’ancien président de la transition a aussi prodigué des conseils aux autorités actuelles en ces termes : « Aller véritablement vers la paix, parce que le Burkina Faso a beaucoup souffert. Il y a trop de populations qui ont perdu la vie. Il y a la misère qui s’installe. Il faut faire l’effort d’aller vers la paix. Aller vers la paix, pour moi, c’est éviter au maximum, tout ce qui peut renforcer la guerre. Il faut tout faire pour unir nos forces entre elles. Il faut oser dialoguer avec les groupes armés. Il ne faut pas qu’on les regarde comme des gens d’une autre race ou d’un autre pays. Mon parcours militaire m’a montré que le meilleur stratège c’est celui ou cette personne qui arrive à faire plier l’ennemi sans avoir à tirer ou à le combattre ».

 « On faisait des opérations calibrées, précises, qui ne causaient pas beaucoup de dommages collatéraux. Et parallèlement, nous entretenions des échanges [avec des groupes armés, NDLR], et nous avions pu démobiliser. Certaines actions coercitives, limitées et encadrées, la démobilisation est un facteur important », a confié le lieutenant-colonel Damiba.

Selon lui, ceux qui attaquent le Burkina Faso sont majoritairement des Burkinabè. Et de préciser que la dynamique sous sa présidence avait permis de faire entendre raison à une centaine de personnes et il y avait la promesse d’autres personnes. « A un certain moment de la transition, les gens n’ont pas compris notre démarche. Malheureusement, toutes ces démarches sont un peu à l’eau », a-t-il regretté.

 La rédaction

Wendmanegre

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