MENACES D’INCENDIE DU PALAIS DU MOOGHO NAABA BAONGHO : les soutiens du président Traoré pris dans leur propre piège

Tout le monde se souvient qu’au moment où le bras de fer entre les partisans du président de la transition d’alors le lieutenant-colonel Sandaogo Henri-Paul Damiba et le capitaine Ibrahim Traoré se déroulait pour le contrôle du pouvoir d’Etat en début octobre 2022, le rapport de forces au plan militaire était en défaveur de ce dernier. On se rappelle  aussi que, pour cela, une poignée de militaires proche de ce dernier s’est rendu à la RTB/Télévision et a annoncé que le président Damiba avait renoncé au pouvoir pendant que les négociations étaient encore en cours.

 

Nous avons également en mémoire que le capitaine Traoré a dû faire appel à ses partisans qui étaient déjà mobilisés dans des organisations plus ou moins légales montées par des religieux, des politiques, de richissimes hommes et femmes d’affaires, pour envahir les rues et dissuader toute opération militaire de la part des soutiens du président d’alors. Il lui a fallu en outre user du mensonge selon lequel le président Damiba s’était réfugié dans le camp militaire français de Kamboinsin et avait l’aide de la France pour reprendre le pouvoir ; ce, dans le but d’actionner la fibre patriotique d’une partie de la jeunesse pour bénéficier de son soutien. Nous avons enfin, enfin et enfin les accusations ethnicistes et tribalistes proférées contre le Moogho Naaba Baongho selon lesquelles il soutient le président Damiba parce que le capitaine Traoré n’est pas un Moaga. A l’époque, des messages audio ont envahi les réseaux sociaux et les médias sociaux dont les auteurs injuriaient ce chef traditionnel supérieur et menaçaient d’incendier son palais. Les services de sécurité avaient réagi promptement.

Le gouvernement avait également rendu public un communiqué à ce propos. Mais on s’attendait à ce qu’il aille jusqu’au bout de sa logique en recherchant et en punissant les auteurs de tels messages audio.

A ce sujet, Damis Adama Ouédraogo avait écrit un lettre ouverte datée du 16 octobre 2022 au président Traoré dans laquelle il l’invitait à adresser « une lettre au Mogho Naaba Baongho et aller le rencontrer ». Il y ajoutait que « Même si vous n’êtes pas responsable des injures et des propos d’une rare violence tenue à son endroit, c’est votre coup d’Etat, vos soutiens dans la rue et les officines de propagande acquises à votre cause qui sont à l’origine des dérapages verbaux contre… » ce haut responsable coutumier.

On était donc en droit d’attendre que le président de la transition et chef de l’Etat fasse rechercher et punir ces soutiens qui pourraient source de son malheur. Rien n’a été fait dans ce sens. A ce que nous sachions, rien non plus n’a été fait en direction du Moogho Naaba Baongho.

Dès lors, serait-il étonnant que des personnes le soutenant usent des mêmes méthodes pour obliger le pauvre coutumier à abandonner sa position de neutralité pour apporter soutien inconditionnel à un pouvoir de plus en plus fébrile et qui a rusé avec les Burkinabè pour s’installer et s’enraciner ? A l’évidence non ! Par ailleurs, serait-il surprenant que ses opposants, et Dieu sait s’il en a, usent de ses propres méthodes pour lui compliquer la tâche même si l’exemple n’est pas forcément à suivre ? Bien sûr que non pardieu ! Et là, les partisans du président Traoré et lui-même, sont pris dans leurs propres pièges. Certes, le gouvernement a promis, encore une fois, de rechercher les auteurs de ces audion pour leur subir la rigueur de la loi mais pourquoi n’avoir fait autant en octobre 2022 ? Mystère et boule de gomme !

C’est pour cela qu’au sein de l’opinion, bien de voix n’avaient et n’ont cessé de faire comprendre (mais vainement) au président Traoré, notre président à tous sans exception, que la fin, en aucun cas, ne peut justifier les moyens. Ni dans la lutte contre le terrorisme, ni dans la gouvernance économique, ni en matière de liberté d’expression, d’opinion et de presse. Si on s’y entête, le risque est grand que les moyens se retournent contre la fin à un moment donné du processus. Cela semble être le cas aujourd’hui avec les menaces d’incendie qui pèsent le palais du Moogho. Hélas !

Fatogoma OUATTARA

Wendmanegre

Wendmanegre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *